Passionnante biographie de Verdi par Pierre Milza

27 octobre 2020

 À travers l’histoire de la vie du fameux compositeur d’opéras, Verdi,
nous sommes plongés dans la saga du Risorgimento

Cette biographie nous fait prendre conscience du rôle politique majeur de l’art dans le processus de l’unification italienne.
Verdi était alors considéré par le peuple comme un véritable héros de cette unification, à l’instar de Cavour ou de Garibaldi.
D’ailleurs, les partisans de l’unité italienne entonnaient dans les rues l’air célèbre du chœur des esclaves du Nabucco
et criaient: “viva V.E.R.D.I. !“, nom de code, puisque les initiales du compositeur se référaient comme un slogan à
“Vittorio Emmanuele Re D’Italia”.

Pierre Milza, Verdi, Collection Tempus, Editions Perrin, 559 pages, Ean: 9782262022945, 11,00 €

Fanny Bousquet


Tolstoï, L’esclavage moderne, aux éditions le pas de côté

Nous connaissons Anna Karenine, Guerre et Paix, les grands romans de Tolstoï, mais saviez-vous qu’il avait aussi écrit cet essai, intitulé L’esclavage moderne ?

L’auteur y étudie les grands concepts de culture et de liberté et s’attache à démontrer que les lois sont les causes de l’esclavage moderne.

L’outrecuidance du romancier contre les gouvernements est à replacer dans son contexte d’écriture, bien que ses arguments nous donnent matière à penser et à mieux comprendre notre époque.

Fanny Bousquet


Balzac, Le colonel Chabert

Le Colonel Chabert de Balzac, un classique à redécouvrir avant d’en voir l’adaptation cinématographique avec Gérard Depardieu, Fabrice Luchini ou encore Fanny Ardant dans les rôles principaux.

 

 

Que choisiriez-vous si vous aviez tout perdu et que tout le monde vous croyait mort ? Récupérer vos biens et accepter l’anonymat ou bien vivre de peu de choses et garder votre nom, votre identité, votre dignité ?

C’est à ce choix qu’est confronté le Colonel Chabert, d’abord prêt à tout pour reconquérir son nom, son amour, son statut. Mais il a perdu à jamais l’amour de son épouse.

Fanny Bousquet


Les langages secrets de la nature, Jean-Marie Pelt

Attentifs au langage de leurs oscillations, percez le secret des plantes.

A travers ce livre de vulgarisation scientifique, très maniable et agréable à lire, publié au Livre de poche, Vous apprendrez d’innombrables choses sur la pharmacopée des vaudous entre autres, et sur la nôtre. Remèdes et poisons sont empruntés à la nature, la dose seule les distingue. Des concoctions de végétaux ou des viscères d’animaux sont parfois à la base de recettes ancestrales, ayant pour but de guérir, de procéder à des rituels ou encore ayant des visées récréatives. Toute notre médecine est issue de la nature, mais malgré notre exploitation massive, la nature est loin d’être passive. Les plantes et les plus petits insectes sont des êtres vivants. Souffrent-ils ? Comment communiquent-ils ? Sont-ils doués d’empathie ? À l’heure où les réseaux de télécommunications se multiplient, nous ne sommes plus conscients du langage de la nature. Pourtant il s’agit de se souvenir, à l’instar de Gérard de Nerval dans son merveilleux sonnet, Vers Dorés, que “tout est sensible”.

La musique émeut-elle les végétaux ? Des plantes volubiles aux plantes assassines, ce petit livre nous présente un panorama clair et concis de la communication de la nature et nous permet de nous frayer un chemin dans les hautes herbes !

Fanny Bousquet


Bachelard, La terre ou les rêveries de la volonté

Le rêve est un monde de possibles qui, dès le réveil, peut se réaliser. Nous l’apprenons dans cet essai, devenu un classique, de Bachelard.

 

Le rêve anime notre volonté, la stimule et permet de se dépasser soi-même, d’aller aux devants de ses propres capacités, de rendre ses potentialités effectives. Dans un style poétique maîtrisé et avec une rigueur propre à l’esprit scientifique, Gaston Bachelard s’affranchit des domaines de prédilection des sciences dures comme de ceux de la philosophie classique pour exprimer sa propre philosophie, subtile, originale et exaltée. Contre les tenants de la psychologie et du rationalisme, il pense que les rêves ne sont pas des débris de vécus antérieurs, mais bien plutôt la force qui, s’exerçant sur notre volonté, conditionnera notre vécu ultérieur et notre perception.

Cet apprenti potier met la main à la pâte, mais la matière n’est pas sublimée par son tact. Il s’endort et rêve de l’argile mou sous ses doigts, il le pétrit, sent la matière de déformer, puis la modèle, la terre perd alors son aspect informe pour acquérir une forme déterminée : la ressource première devient ouvrage d’artiste. Au réveil, le jeune rêveur poursuit ses songes, il n’aspire qu’à les réaliser. Il reproduit ce que le rêve a inculqué à sa volonté alerte, il ressent la matière comme il l’avait ressentie dans son rêve : l’imagination matérielle devient créatrice. Jamais l’apprenti n’avait effectué d’ouvrage si beau.

À l’instar de ce jeune rêveur, donnons chair à nos possibles. Lisons, toujours et encore, pour enrichir notre imaginaire et affermir notre volonté, pour dompter l’onirisme évanescent de nos nuits et lui conférer la résistance du réel.

Fanny Bousquet


Viktor Lazlo, Trafiquants de colère

(compte-rendu de la rencontre à propos de la promotion de son nouveau roman)

“Ils étaient une famille, un croisement improbable aux confins de la haine et de l’amour (…)”.

Tels sont les premiers mots du prélude du dernier ouvrage de Viktor Lazlo, paru fin janvier chez Grasset: Trafiquants de colère.

Avec une diction poétique, des descriptions subtiles et la lucidité que le poids de l’histoire confère aux existences singulières, l’auteure nous lit quelques pages de son nouveau roman. A l’occasion de son cinquième roman, Viktor Lazlo reprend quelques protagonistes de son roman antérieur, Les Passagers du siècle. Deux familles, l’une issue de l’esclavage et l’autre, ayant subi les pogroms d’Europe de l’est, la Shoah, se rencontrent. Un arbre généalogique précède les premiers chapitres du livre. Des éléments, profonds et poétiques retiennent notre attention, un personnage espère “écraser (ses) doutes pour que (son) cœur se calme”, des interrogations intérieures révèlent un tourment abyssal: “Comment se mesurer à l’absence ?”. Outre les états d’âme des victimes, des témoins de l’Histoire, des objets ou attributs sont mentionnés, comme un violon “pauvre témoignage d’une existence chahutée”… La musique du livre prend vie et tisse la trame des vies torturées des personnages, qui furent, avant l’espace de la fiction, des personnes de chair et de sang.
« A l’origine, deux femmes » nous dit l’auteure, et de cette rencontre naîtra tout un triptyque. Un troisième roman paraîtra donc, comme vient de nous l’annoncer Viktor Lazlo, pour laisser voix au chapitre à un nouveau personnage, un jeune homme dont le portrait est esquissé à la fin de Trafiquants de colère. Lors de la lecture de ce roman, nous remarquons un paradoxe révélé par une mise en abîme de la réflexion sur l’écriture au sein même de l’écriture de fiction : aucun écrivain ne peut dire les atrocités des camps. Cette phrase, insérée au cœur du livre, a été énoncée par un véritable survivant de la Shoah lors d’un témoignage diffusé dans un documentaire. Viktor Lazlo fait feu de tout bois, des archives et de son imagination prolifique. En reprenant une distinction foucaldienne de l’Archéologie du savoir, nous pouvons dire que l’auteure utilise les « oeuvres-documents » pour enrichir et créer une « oeuvre-monument » : son roman.
 
 
Viktor Lazlo nous répond à propos du paradoxe de l’impossibilité de dire l’indicible de la catastrophe : « tout a déjà été dit. Ce sont les personnages dans la terreur qui m’intéressent et non l’horreur en elle-même ». La place est faite aux personnages plutôt qu’aux situations, bien que ces derniers ne puissent s’en départir.
Mais si la gravité du sujet invite à une humeur mélancolique, ne vous y trompez pas, l’auteure nous rassure et rappelle que ce roman est avant tout une histoire d’amour, d’aventures et de rêves réalisés. Ainsi, la réalité des tragédies de l’histoire, bien qu’omniprésente, n’apparaît qu’au second plan. Les individus prennent les devants de l’histoire, sans doute est-ce une façon de leur faire prendre une revanche sur l’Histoire. Le ton glacial de certains passages du roman, « chaque centimètre sous nos pieds est imprégné de sang », nous procure une vive émotion et nous pousse à devenir nostalgique d’une mémoire que nous n’avons pas vécue, d’une mémoire désormais collective conservant l’intimité des vies de personnages singuliers, dont, par exemple :« le souvenir spectral du passé flamboyant de la ville »…
Retrouvez Trafiquants de colère, le dernier livre de Viktor Lazlo en librairie. Bonnes lectures !
 
Fanny Bousquet

Keynes, Lettre à nos petits-enfants

Férus d’économie ou badauds inquiets de perdre leur emploi à cause du progrès technique, lisez ce bref opuscule d’un des plus grands économistes du siècle dernier : J. M. Keynes.

Dans “Lettre à nos petits-enfants”, le théoricien expose avec clarté et clairvoyance ses vues sur la situation économique future, celle que nous vivons actuellement : le plus grand défi de notre société sera de palier le chômage technologique qui nous fera souffrir des maux insupportables. Mais que l’on se rassure, lorsque Keynes, en visionnaire, prédit ce fléau, il ne l’envisage que comme une étape transitoire dans notre avancée vers le bonheur économique. Conservant une position nuancée et rejetant les opinions révolutionnaires ou réactionnaires, il se montre optimiste quant à l’avenir, sans être dupe à propos du fait “qu’il faudra continuer encore un peu à adorer les dieux de la cupidité, de l’usure et de l’anticipation prudente, car ils sont les seuls capables de nous conduire à l’air libre, hors du tunnel de la nécessité économique”.

Fanny Bousquet


Inédit de Rilke

À la nuit tombée, songez à rêver. 

Les éditions Verdier ont publié, en bilingue, les Poèmes à la nuit de Rilke, dont la traduction française intégrale était restée jusqu’alors inédite.

Suivez ce parcours nocturne offert à Rudolf Kassner en 1916, appréciez le bruissement des mots, la subtilité du penseur, les mystères d’un éternel veilleur, grâce à la traduction de Gabrielle Althen et de Jen-Yves Masson, avec le texte original en regard. La préface est la retranscription d’un texte de Marguerite Yourcenar écrit en 1936 à l’occasion d’un hommage à Rilke, publié ici pour la première fois. Fasciné par la nuit et en quête du sens de l’être, le poète nous met en garde :” À qui résiste, le monde n’advient pas. Et à qui comprend trop, l’éternel se dérobe. Parfois dans de grandes nuits pareilles à celle-ci nous sommes comme hors de danger, partagés en fragments égaux, répartis en étoiles”.

Fanny Bousquet


Océan mer

Par delà cette Vue des tourbillons de Naruto à Awa, d’U.Hiroshige, plongez dans cette histoire tumultueuse, contée par Alessandro Baricco. 

“Pourquoi les choses ne deviennent-elles vraies que sous la morsure du désespoir ?” Cette question trace le fil rouge du roman qui recèle plusieurs niveaux de lecture. L’aventure houleuse peut dévoiler des interrogations philosophiques sur la Vérité : “celui qui l’a vue en restera à jamais inconsolable” . Ici, les accents léopardiens sont trop prégnants pour être fortuits. Par ailleurs, l’enseignement récurrent du “ventre de la mer” incite à l’analyse psychanalytique.

Découvrez Océan mer, ce roman aux multiples facettes d’Alessandro Baricco, traduit par Françoise Brun !

Fanny Bousquet


Tarkovski scelle le temps

Sculpter le temps: voilà la tâche de Tarkovski, cinéaste hors pair, énigmatique et brillant.

Le temps scellé est le titre de son ouvrage où s’enchevêtrent réflexions sur l’art, anecdotes autobiographiques et questionnements philosophiques sur l’humanité. Lisez la prose de l’artiste et découvrez l’écrivain derrière le cinéaste : chaque image en recèle d’autres, l’art est polysémique.

“Nous vivons dans le monde que nous imaginons, dans le monde que nous créons, et nous dépendons de ses défauts, quand nous pourrions dépendre de ses qualités”.

Méditez cette phrase et retrouvez l’ouvrage dans nos rayons en librairie !

Fanny Bousquet


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